06.02.2010
L'homme qui marche a décollé
L’homme qui marche s’est envolé. En moins de 10 minutes, les enchères ont quitté la stratosphère pour atteindre des sommes inimaginables : Près de 104 millions de dollars ont été déboursés par l’acquéreur de cette statue célèbre de Giacometti lors de sa vente chez Sotheby’s à Londres mercredi soir. La société espérait en tirer entre 19 et 28 millions de dollars. L’argent déboursé pour cette œuvre d’art dépasse de peu un Picasso, Le garçon à la pipe également vendu lors d’une mise aux enchères organisée par Sotheby’s en 2004.

Le montant concédé paraît d’autant plus important que l’homme qui marche possède quelques frères : il est issu d’une série de bronzes, réalisée entre 1960 et 1961, à partir d’un moule, contrairement au tableau de Picasso qui est bien évidemment unique. Giacometti est certes un des plus grands artistes du 20ème siècle, sa cote suffit-elle pour autant à expliquer les sommes atteintes lors de cette mise en vente ? La journaliste Lorette Coen, dans le Temps, ébauche une autre hypothèse qui n’a rien à voir avec les qualités plastiques de l’œuvre de l’artiste. Selon elle, il n’est pas surprenant qu’en ces temps incertains, le domaine de l’art fonctionne un peu comme une valeur refuge : «dans une période d’économie déprimée, alors que prédomine la demande d’objets d’une valeur inébranlable, les acheteurs pouvant se le permettre se sont rués sur l’occasion ».
La description par les médias de la vente de cette sculpture permet également éclairer une fracture qui divise le monde de l’art. Les acteurs du marché exultent et s’enthousiasment tandis que les historiens et certains commissaires d’expositions commencent à s’inquiéter. Le 24heures publie à ce sujet un excellent article recueillant les témoignages de Nadia Schneider, commissaire de l’exposition sur Giacometti qui se tient au Musée Rath de Genève et ceux de Caroline Lang, directrice de Sotheby’s Genève qui a assisté personnellement à la vente du Giacometti, cette semaine. Quand l’une confesse être partie « d’un rire nerveux » apprenant la nouvelle, l’autre s’extasie : « une telle vente ne peut être que le fruit de la passion et de l’émotion !».
Il y a quelque chose d’à la fois paradoxal et dégueulasse dans le montant atteint par cette statue. Ce prix est imposant, il déborde, il relève de la démesure et du trop plein. Alors que la série des statues conçues par l’artiste me semble précisément aller dans le sens inverse. Les silhouettes humanoïdes improbables paraissent en lutte avec la gravité terrestre et me semblent renvoyer à la condition humaine. C’est un peu comme si l’artiste s’était saisi de statues déjà existantes et s’était employé à les priver de la matière qui les constituait jusqu’à les réduire à leur part congrue d’humanité. Au-delà de cette limite, il n’y a plus rien qui n’ait de sens,semble nous murmurer L’homme qui marche. Cette série de Giacometti m’est toujours apparue comme un exercice d’effeuillage, un streap-tease ontologique. Le montant de la vente d’une de ces silhouettes fait figure de remplumage forcé. C’est comme si un gros dégueulasse avec des mains boudinées avait glissé une liasse dans le slip de l’homme qui marche afin de le confisquer et de le ramener à la maison pour son usage personnel. Une telle œuvre d’art se mérite. Et cela n’a rien à voir avec ce qu’on est capable d’allonger sur la table.
Guillaume Henchoz
11:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : giacometti, art, enchères, homme qui marche
03.02.2010
Ces livres qui rendent fous (1/2) : Julien Bogousslavsky, serial-bibliomane
Deux affaires qui ont maille à partir avec les livres anciens secouent les médias de suisse romande. On juge Julien Bogousslavsky, neurologue à la renommée mondiale qui avait détourné des fonds tant privés que publics destinés à la recherche pour étancher sa soif de bibliophile et aggrandir ses collections de livres anciens. L'instruction autour du décès de la compagne d'un des spécialistes du livre ancien à Lausanne est toujours en cours.
Bibliopathe. Le syndrôme n'est pas encore reconnu par le DSM IV, sinon c'est sûr, la défense de Julien Bogousslavsky s'en serait déjà emparée. L'homme est un maniaque du livre ancien et rare. Le montant de ses détournements est monté jusqu'à 5,5 millions de francs suisses. Avec cet argent, il est entré en possession de nombreux ouvrages de collection. Finalement mis à jour par sa hiérarchie ses truquements de compte sont dévoilés au grand jour. Tous les moyens étaient bons pour faire fructifier son enveloppe ldestinée à l'achat des ouvrage qu'il chérissait ...et qu'il continue de couver en grande partie : détournement d'argent public, conception de faux programmes de recherche. Double défraiement des frais occasionnés lors des colloques, etc. Une fois démasqué, Bogousslavsky est rapidement passé aux aveux, faisant montre de repentance et de contrition. Lors de son procès, de nombreux témoins sont venus à la barre pour le soutenir et relever les compétences du chercheur et du médecin dans son domaine, la neurologie.
Etrangement, ni la partie civile, ni le procureur, ni la défense n'a demandé d'expertise psychiatrique. Pourtant on peut s'étonner de l'état dans lequel se trouve le prévenu. Quand il lui est demandé par le président de la cour comment il compte surmonter ses problèmes, l'influent neurologue explique qu'il est parvenu à canaliser sa soif de bibliomane vers un autre type de collection : "Je me focalise sur les livres de neurologie et sur les thèses écrites sur ce sujet au XIXe siècle". Moins cher que les premières éditions et les manuscrits de Ramuz certes, mais le mal est-il pour autant soigné à la racine ?
L'accumulation d'objet et leur organisation en collection pourrait pourquoi pas faire l'objet d'une pathologie psychiatrique. D'ailleurs l'expression "bibliomane" qui désigne selon le Littré celui qui a la passion des livres rares et des belles éditions relève presque de la pathologie: manie vient du grec μανία / maníā qui renvoie aux notions de folie et d'état de fureur. Un collectionneur est également venu témoigner de ses pratiques au cours du procès : «moi-même, je m’intéresse aux contes et notamment à celui du Petit Chaperon rouge. On développe une forme d’addiction. Lorsqu’une pièce convoitée se retrouve sur le marché, il n’est pas toujours facile de se raisonner», avoue-t-il au président.
Pour le psychologue Philippe Jaffé qui s'exprime dans les colonnes du 24heures, le cas du docteur Bogousslavsky se situe entre "le collectionnisme socialement acceptable et même favorable sur ce plan social, car relevant d’un esprit de partage, et la pathologie découlant du syndrome de Diogène. Le procureur l'a jugé dans son prêtoire "mesquin", "roublard" et "indigne" mais s'est montré convaincu de la prise de conscience et du repentir de l'accusé. Rien n'a été évoqué au sujet de sa passion dévorante pour les livres. Julien Bogousslavsky a obtenu une peine avec un sursis. Il sortira donc libre du Tibunal. Libre mais toujours pas guéri.
Guillaume Henchoz
17:54 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bogousslavsky, bibliomane, procès, psychiatrie
28.01.2010
Jan Karski, otage de la fiction ?
C'est une de ces polémiques comme seuls les intellectuels français savent les faire monter en sauce. Les ingrédients nécessaires : deux auteurs publiés par Gallimard, une controverse autour du statut épistémologique de l'écriture de fiction. Rajouter quelques accusations de plagiat d'un côté tandis que de l'autre, on reprochera à la partie adverse de vouloir faire monter la sauce médiatique à des fins (faims ?) promotionnelles.

Yannick Haenel, un auteur proche de Philippe Sollers (ils ont édité un ouvrage d'entretiens intituléPoker), publie chez Gallimard un petit roman intitulé "Jan Karski". Objet étrange, ce livre relate les moments forts de la vie de Karski, un résistant polonais durant la Seconde Guerre mondiale qui finira professeur de Sciences politiques à l'université de Georgetown aux Etats-Unis. Le texte est divisé en trois courts chapitres. Le premier relate le témoignage de Karski dans le documentaire de Claude Lanzmann assorti d'une reflexion de l'auteur. le deuxième reprend et synthétise des éléments de la vie de Karski lorsqu'il était dans la résistance et qu'il avait publié dans une somme sur son activité intitulée Story of a secret state. Le troisième chapitre, principal objet de la polémique est une fiction: Haenel, narrateur se glisse dans la peau du héro de la résistance polonaise lors de son voyage aux Etats-Unis afin d'y rencontrer Roosevelt. Le but de cette visite était de faire un rapport circonstancié aux plus hautes autorités alliées sur la situation en Pologne.
Peu avant de sortir de son pays, Karski avait été abordé par des résistants juifs du ghetto de Varsovie désireux d'attirer l'attention sur le génocide en cours. Par deux fois, Karski visitera le ghetto. Il ira même jusqu'à s'infiltrer brièvement dans un camp d'extermination pour voire de ses yeux la catastrophe qui s'y déroule. Karski étant parvenu à s'exfiltrer, il effectuera plusieurs comptes rendus auprès des alliés sur la situation en Pologne et sur l'avancée de l'extermination des juifs qui s'y déroule. Après la publication dès la fin de la guerre de son ouvrage jusqu'à son témoignage dans le documentaire de Lanzmann, on n'entend plus guère parler de Karski. C'est dans ce "creux" que le dispositif romanesque de Yannick Haenel s'élabore. L'objectif de l'auteur est de proposer un portrait d'un Karski frappé tant par la tragédie que traverse alors son pays que par le génocide des juifs d'Europe. Sous la plume de Haenel, Karski effectue une bien étrange mue : de messager, il devient témoin.
Le roman de Haenel essuie donc les foudres de deux importants intellectuels. Si c'est Annette Wievorka qui ouvre le feu au côté d'Alain Finkelkraut dans Répliques, une émission qu'anime ce dernier, puis dans un article paru dans l'Histoire, c'est du côté de Claude Lanzmann que la critique se fait la plus virulente. Dans un long papier publié par l'hebdomadaire Marianne, Lanzmann griffe férocement l'ouvrage de Haenel qui vient de recevoir le Prix Interallié. La première partie ne serait selon lui qu'un vaste recopiage du témoignage de Karski dans son documentaire, Shoah : Certains appellent "hommage" ce parasitage du travail d'un autre. Le mot de plagiat conviendrait tout aussi bien.L'argument de Lanzmann, ici peut encore tenir la route. Il est vrai que le chapitre d'ouverture du roman de Haenel s'élabore uniquement autour de la description du témoignage de Karski face à la caméra du réalisateur. L'écriture de Haenel rend toutefois ce face-à-face aussi poignant que sa version filmée. On peut toutefois comprendre que Lanzmann se sente un peu floué. Placé devant le fait accompli, il n'avait pas connaissance du projet d'écriture de Haenel avant de le recevoir des mains de ce dernier. Hommage ou pompage ? Ici, le débat mérite effectivement d'être mené.
De même, la seconde partie du roman de Haenel est plus un résumé des mémoires de Karski qu'autre chose. Alors, paraphrase, comme l'écrit Lanzmann ou brillante synthèse d'un ouvrage qui n'est plus disponible en français et peu connu du grand public. A cet instant du débat, le principal mérite de Haenel est d'éclairer l'existence d'un texte passionnant, malheureusement inconnu du grand public. Notons encore qu'à décharge de l'auteur, ce dernier avait déjà annoncé la couleur et revendiquait ces deux premiers chapitres comme une synthèse introductive permettant d'apprécier un troisième chapitre qui, lui, relevait de la fiction.
Et c'est là que le feu roulant de la critique bat son plein. Yannick Haenel, note toujours Lanzmann dans sa tribune publiée par Marianne, se glisse dans la peau et, croit-il, l'âme de Karski, changeant d'emblée celui-ci en pleurnichard et véhément procureur, qui met le monde entier en accusation pour n'avoir pas sauvé les juifs, personnage si éloigné du Karski réel que l'indignation chez moi se combine à la honte d'être resté si longtemps silencieux. la fiction de Haenel procéderait d'une falsification de l'histoire selon Lanzmann. Le vrai débat se déroule en fait bien là : le réalisateur opère le même reproche à Haenel que celui qu'il avait adressé aux Bienveillantes de Jonathan Littel. Le romanesque n'est n'est pas un dispositif narratif qui permet de dire le vrai.La réponse de Haenel ne se fait pas attendre. Elle est publiée dans les colonnes du Monde : J'ai écrit un livre qui est, en partie, une fiction sur Jan Karski. Le recours à la fiction n'est pas seulement un droit ; il est ici nécessaire parce qu'on ne sait quasiment rien de la vie de Karski après 1945, sinon qu'il se tait pendant trente-cinq ans. Les historiens sont impuissants face au silence : redonner vie à Karski implique donc une approche intuitive. Cela s'appelle la fiction. Lanzmann, évidemment, est catégorique : "Je ne voyais pas comment on pouvait écrire un roman sur Karski" (entendez : il ne doit pas y avoir de roman sur Karski). Enoncer des interdits semble la vocation de Claude Lanzmann.
A la lecture de la diatribe de Lanzmann, on peut croire que ce dernier se considère comme le dépositaire et l'avocat du "vrai" Karski. Le réalisateur a ainsi monté un documentaire sur le résistant polonais qui passera sur Arte le mois prochain. Il conclut sa tribune en donnant rendez-vous à ses lecteurs sur la chaîne afin de découvrir un Karski "qui rétablira lui-même la vérité". Cette perspective de l'histoire me semble relever en fait d'un parti pris assez positiviste qui tend à croire qu'il suffit de laisser faire le son et les images pour rétablir une "vérité". Le témoignage de Karski qui sera diffusé est issu des archives accumulées lors de la réalisation de Shoah mais qui n'avaient finalement pas été utilisées au montage final du film. La polémique tombe à pic pour assurer la promotion du documentaire note encore perfidement Haenel...
Guillaume Henchoz
Références : Yannick Haenel, Jan Karski, Gallimard, 2009
(Illustration: statue de Jan Karski sur le Campus de l'Université de Georgetown)
17:27 Publié dans Bouquins - littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : jan karski, polémique, yannick haenel, littérature, pologne, claude lanzmann
12.01.2010
La crise du lait... et après ?
La prochaine émission de la Langue des bois aura lieu 19 janvier de 20h00 à 21h00 sur les ondes de Fréquence Banane. Nous y traiterons de la condition paysanne et de l'actuelle crise du lait.
Dure dure, la vie de paysan. Enfants chéris de la nation, ils constituaient un des piliers de la défense nationale pendant la période de la guerre froide. Grâce à eux, notre pays devait bénéficier d'une (relative) autonomie alimentaire. Mais le mur est tombé et le libéralisme a triomphé : l'agriculture s'est ouverte à un marché un peu plus féroce que celui que nous fréquentons les samedis matins. Leur cahier des charges s'est également pourvu de nouvelles lignes: les voilà maintenant garant de l'entretien du paysage de nos campagnes.
Leur univers s'est également complexifié : abandon des quotas, négociation de nouveaux contingentements, formation d'une "Interprofession". Ajouter à cela des syndicats, des associations de producteurs et de distributeurs, des représentants de grands groupes alimentaires... quand les paysans sortent leurs tracteurs pour manifester contre la baisse du prix du lait, on en retient de belles images et des journées hautes en couleurs, mais qui comprend vraiment les enjeux qu'ils traversent ? A quoi ressemblera le monde paysan demain ? D'où vient le lait que nous buvons ? Voilà les questions qui nous accompagnerons lors de ce prochain débat.
Guillaume Henchoz
21:14 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : paysans, agriculture, crise du lait, politique
06.01.2010
Ces magazines qui nagent à contre-courant (2/2)
Les journaux licencient ? Ils engagent. Les titres mettent la clef sous la porte ? Ils se lancent. Les articles sont toujours plus, courts, ils osent remplir des pages avec un seul sujet. Les magazines Books et XXI remontent le courant, la tête hors de l’eau. Pour l’instant. Comment font-ils ?
Books, un magazine passeur d’idées
Genèse
C’est sur l’instigation de son directeur de publication, Olivier Postel-Vinay que le magazine Books voit le jour. Le journaliste n’en est pas à son premier coup d’essai. Sous sa férule s’est développé un journal qui marche fort depuis les années 1990 : le Courrier international. Le format et le support de Books ne sont pas sans rappeler ce magazine, d’ailleurs: grand, imprimé en couleur, articles traduits en provenance des quatre coins du globe.
Concept
Tout comme XXI, Books a fait le pari de la longueur et de l’exigence intellectuelle. Le magazine ne propose cependant pas des reportages ou des enquêtes de terrain mais des recensions de bouquins: «nous nous efforçons d’éclairer l’actualité à travers des livres parus dans le monde entier», nous explique Olivier Postel-Vinay. Si c’est un regard d’intellectuel porté sur le monde des idées que propose le magazine Books, pas besoin de posséder un titre universitaire pour se lancer dans sa lecture: «nous sommes avant tout un magazine » rappelle son créateur, «nous nous efforçons de nous adresser à un large public de curieux. Beaucoup lus par les étudiants, nous surfons également sur la vague du papy-boom». Les articles sont le plus souvent des traductions des prestigieuses revues littéraires anglo-saxonnes telles la New-York Review of Books ou le Times Litterary Supplement, mais les autres titre italien, espagnols ou allemands ne sont pas en reste. Ces traductions sont souvent réunies pour former des dossiers qui sont complétés avec de plus petits articles, souvent des entretiens effectués par le magazine auprès de chercheurs ou de penseurs francophones. Olivier Postel-Vinay insiste: «Le concept de Books n’est pas directement importé des Etats-Unis. Il s’agit d’un nouveau modèle, hybride, qui se situe entre le Courrier international et les revues américaines ». Son nom anglophone est entièrement assumé par son créateur: «il se mémorise facilement tout en étant international».
Support
Books est un magazine doté d’un site internet assez étonnant: on y trouve bien sûr certains articles de la revue et quelques «bonus» (entretiens filmés et documents radiophoniques liés à des articles parus sur papiers) mais aussi des rubriques propres au site. Le magazine dispose ainsi de forums de discussion et d’un « Wikigrill » qui passe à la loupe les articles controversés de Wikipedia en lien avec les thématiques abordées dans les différents numéros. On y trouve également des chroniques et des éditos de différents invités. Pour Olivier Postel-Vinay, Books doit jouer sur le deux tableaux: «pour l’instant, notre site permet de développer avec nos lecteurs les controverses que nous abordons sur papier et de susciter des abonnements. A terme, on ne sait qui de la toile ou du papier va l’emporter. Même si j’aimerais pouvoir affirmer que nous avons un avenir sur le papier, je ne dois pas exclure que le web l’emporte définitivement».
Financement
Pour financer la revue, pas besoin de réinventer la poudre, «notre modèle est très classique » nous assure son directeur, «il repose sur trois axes : nos ventes, nos abonnements et la publicité». Le capital de départ a été constitué par Olivier Postel-Vinay ainsi que «des chefs d’entreprise de taille moyenne qui ont investi à titre personnel» peut-on apprendre sur le site de Books. Olivier Poste Vinay s’empresse d’ajouter: «si aucun grand groupe ne nous contrôle, les investisseurs que j’ai contactés ne font pas dans le mécénat pour autant. Ils attendent un retour sur investissement». C’est toutefois bien le directeur de publication qui détient le contrôle de l’entreprises et en assument les choix structuraux et éditoriaux.
Le site internet de Books : http://www.booksmag.fr/
Magazine mensuel vendu en kiosk, 71 pages, 10.-
Guillaume Henchoz
(article paru dans le magazine EDITO, décembre 2009)
19:18 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : médias, books, journalisme



